Le scout est digne de confiance et sait faire confiance aux autres

Être digne de confiance ne se décrète pas, cela se construit. Pour le scout, cette loi engage toute sa manière d’être. On peut lui confier une parole, une mission, une responsabilité, parce qu’il ne trahit ni la parole donnée ni la charge reçue.

Michel Menu rappelait que la confiance est le fondement de toute vie scoute. Sans elle, il n’y a ni équipe, ni aventure, ni vraie responsabilité. Le scout devient digne de confiance lorsqu’il accepte d’être responsable, même quand personne ne le surveille. Il comprend que la liberté n’est possible que là où la confiance est donnée et honorée.

Le scout refuse de tricher, car il sait que la confiance vaut plus qu’une victoire. En restant droit dans le jeu comme dans la vie, il construit une réputation solide : on peut compter sur lui. Toujours se rappeler de cette phrase d’ancien : “Tricher, il faut vraiment que ça en vaille le coup, et il faut être certain de ne pas se faire prendre”.

Dans un monde marqué par la méfiance, le contrôle et la peur de l’erreur, cette loi prend une force particulière. On exige des garanties, des preuves, des procédures, mais on hésite à faire confiance. Le scout, lui, choisit le risque de la confiance mais il choisit à qui il la donne. De cette confiance réciproque naît alors une fraternité réelle. Elle n’efface ni les erreurs ni les échecs, mais elle permet de les traverser ensemble. Cette loi invite le scout à bâtir des relations solides : être quelqu’un sur qui l’on peut compter, et quelqu’un qui ose compter sur les autres.

Guillaume Rangin, dans “un calepin scout”, 2026